Michael J. Bourne

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Divorce à Dakar : un couple sur trois se sépare en cinq ans, et pourquoi

Par Michael J. Bourne

En novembre 2021, les médias sénégalais ont annoncé un chiffre choc : 126 286 divorces par an, soit 345 par jour. Tout le monde l’a partagé, évidemment. Sauf que l’agence de statistique du pays a ensuite précisé que ce chiffre ne désignait pas des divorces annuels. Voilà un bon rappel : une statistique virale mérite toujours qu’on la vérifie.

Ce qui tient debout

Reste une donnée plus solide, relayée par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie : à Dakar, un couple sur trois se sépare dans les cinq premières années du mariage. La sociologue Fatou Binetou Dial, qui a consacré sa thèse aux parcours matrimoniaux des femmes à Dakar, en tire une idée intéressante : le Sénégal serait passé du mariage précoce au mariage tardif. Ajoutons que beaucoup de ruptures échappent aux tribunaux, donc aux chiffres officiels.

Pourquoi ces couples se séparent

La cause la plus citée est le défaut d’entretien matériel, c’est-à-dire l’argent et la prise en charge du foyer. Viennent ensuite l’incompatibilité d’humeur, les problèmes avec la belle-famille, l’arrivée d’une nouvelle épouse ou le manque d’amour. Une étude plus ancienne de l’IRD, citée par la presse sénégalaise, relevait déjà qu’à Dakar et à Saint-Louis, plus de la moitié des femmes interrogées avaient rompu pour ce motif, et que dans environ 80 % des cas, c’est la femme qui demandait le divorce.

Une réalité locale, des leçons universelles

Précisons-le : ces chiffres parlent de Dakar, pas de tout un continent, et chaque pays a ses lois, ses traditions et ses réalités. Et pourtant, regardez les causes avec un peu de recul : l’argent dont on parle trop tard, les familles qui s’invitent dans le couple, les humeurs qu’on ne se dit pas. Ce sont des sujets que partout dans le monde on évite avant de dire oui.

Ce que j’en retiens

La plupart de ces sujets se discutent bien avant le mariage, à condition d’oser. Qui s’occupe de quoi ? Comment gère-t-on l’argent ? Quelle place pour chaque famille ? Ces conversations ne tuent pas l’amour, elles lui évitent de s’effondrer cinq ans plus tard. Un divorce sur trois en cinq ans, ce n’est pas une fatalité : c’est surtout un rappel que le mariage commence par une conversation franche.

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Sources : Africa Check ; Le360 Afrique ; SenePlus