Michael J. Bourne

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Mariage heureux : ce que 85 ans de recherche à Harvard nous apprennent

Par Michael J. Bourne

Imaginez qu’on suive la vie de centaines de personnes pendant plus de huit décennies, juste pour savoir ce qui les rend heureuses. Ce n’est pas un scénario : c’est la Harvard Study of Adult Development, lancée en 1938. Et sa conclusion, je l’avoue, est presque vexante de simplicité.

Une étude de longue haleine

Au départ, il y avait 724 jeunes hommes de Boston : 268 étudiants de Harvard, et 456 garçons issus des quartiers les plus pauvres de la ville. Les chercheurs ont ensuite pris des nouvelles de leur santé, de leur travail et de leur couple, année après année. Quatre-vingts ans de questionnaires plus tard, le directeur actuel, Robert Waldinger, a résumé le tout dans une conférence TED devenue virale en 2015 : les bonnes relations nous gardent plus heureux et en meilleure santé. Point final.

Le chiffre qui m’a fait lever un sourcil

Ce qui m’a le plus frappé, c’est ceci : ceux qui étaient les plus satisfaits de leurs relations à 50 ans étaient les plus en forme à 80. Pas ceux qui avaient le plus gros compte en banque, ni la plus belle carrière. Autrement dit, on peut passer sa vie à courir après le prestige et arriver à la ligne d’arrivée en bien moins bon état que le voisin qui a soigné son couple.

Attention, ce n’est pas « être marié » qui compte

Voilà le piège dans lequel tombent beaucoup de gens. L’étude ne dit pas qu’il faut un certificat de mariage. Elle dit que vivre dans des relations pleines de conflits abîme la santé, alors que des relations chaleureuses protègent, y compris la mémoire, d’après Waldinger. Un mariage froid n’est donc pas un mariage de protection : c’est un abonnement coûteux à la fatigue.

Ce que j’en retire

D’abord, que la qualité l’emporte sur le statut. Ensuite, que la chaleur se travaille par petites touches, pas par grandes déclarations : un message en journée, une vraie question posée au dîner, un merci pour ce qui « va de soi ». Enfin, il faut rester honnête : les participants de départ étaient uniquement des hommes, et leur monde n’était pas le nôtre. Mais quand une étude vieille de 85 ans et ma modeste expérience du divorce arrivent à la même conclusion, je me dis que ça mérite qu’on y réfléchisse.

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Sources : Christian Science Monitor ; World Economic Forum